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2e étape : « Rendre grâce à Dieu pour tous ses bienfaits »

Le fait de nous être posés dans le silence et d’avoir pris un peu de recul par rapport au vécu du jour ou de la semaine nous introduit au 1er point proposé par Ignace pour la relecture de vie : « Rendre grâce à Dieu pour tous les bienfaits reçus » (E.S. 43), et cela, même avant d’avoir commencé à relire.

Rendre grâce ne nous est pas si spontané, surtout le soir, après la fatigue du jour !
Cela suppose une sorte de décentrement, un cœur pauvre, vidé de lui pour s’émerveiller de tout ce qui vient à lui…un peu comme François d’Assise, dans le jaillissement de son cantique des créatures. Mais si nous ne sommes pas tous de ces « pauvres », si nous sommes encombrés de soucis ou de stresse, comment faire pour nous risquer dans la louange et la gratitude, sans que ce ne soit artificiel ou volontariste ?

- Peut-être, une parabole va nous éclairer quelque peu : tous, dans notre pays, nous avons vu des moulins, avec 4 grandes ailes qui donnent prise au vent, ou des moulins avec une « roue à aube » immergée dans une rivière profonde.
Tandis que la force du vent ou la puissance du torrent font tourner le moulin, à l’intérieur, les meuniers sont tout entiers pris par leur besogne : approvisionner en grains et faire une belle farine…ils n’entendent que le bruit de la meule, et la journée passe dans ce dur labeur.
Le soir, quand ils arrêtent le moulin et sortent dehors, le vent, lui, ne cesse pas de souffler ; le torrent ne cesse pas de couler.
Peut-on imaginer ces hommes, sortant du travail, pris par le souffle du vent, le murmure du torrent ? peut-on les voir traverser d’une immense gratitude, parce qu’encore aujourd’hui le vent a soufflé, le torrent a coulé ? peut-on sentir la connivence intérieure entre le meunier, son moulin, et ‘son’ torrent ou ‘son’ vent du jour ! Pour nous, il en est un peu de même :
Il me semble que, quand Ignace nous demande de « rendre grâce à Dieu pour tous les bienfaits reçus », c’est : « quand tu as arrêté ton moulin, le soir, un instant, écoute le murmure de la Source, ressens le souffle de l’Esprit en toi, revois quelle grâce a fait que tu as pu vivre tout ce que tu as vécu. Laisses toi remplir de gratitude pour cet ‘Allié’ discret, à l’intérieur de toi et, tout simplement , dis lui merci » !

- Plusieurs ont lu « une vie bouleversée ». Il est émouvant de lire le témoignage d’Etty Hillesum dans ce journal : alors qu’elle décrit avec une clairvoyance aigüe le quotidien du camp, la dureté, l’impuissance et le destin inéluctable de la déportation, elle ne cesse de répéter : « et pourtant la vie est belle ». Elle dit qu’elle ne sait d’où lui vient ce goût, cette conviction ; ils lui sont donnés, témoignant que la Vie, en chacun, déborde infiniment le quotidien le plus sombre.
« C’est comme une petite vague qui remonte toujours en moi et me réchauffe, même après les moments les plus difficiles : ‘comme la vie est belle pourtant’. C’est un sentiment inexplicable. Il ne trouve aucun appui dans la réalité que nous vivons en ce moment. »
(journal 24 Septembre 1942)
« Je voulais seulement vous dire : oui, la détresse est grande, et pourtant il m’arrive souvent, le soir, quand le jour écoulé a sombré derrière moi, de longer les barbelés, et toujours, je sens monter de mon cœur – je n’y peux rien, c’est ainsi, - la même incantation : la vie est une chose merveilleuse et grande… » (lettre de Westerbork du 3 Juillet 43)

- Chacun de nous peut se rendre attentif à sa propre expérience de vie, au quotidien :
Par exemple, en hôpital, il y a des jours où la possibilité de rendre grâce à Dieu semble bien mince pour certains ! et cependant, c’est là où j’ai compris ce que cela veut dire quand quelqu’un murmure : « c’est la foi qui me porte, qui me fait tenir ! » La foi, même quand on se sent abandonné ! Foi en l’indéfectible Source qui porte et tient quand plus rien ne nous tient ! Foi qui est une « action de la grâce » au sens littéral ; foi - confiance que personne n’est éprouvé au-delà de ce qu’il peut porter.

Ici, nous découvrons que « l’action de grâce » demandée par Ignace, n’est pas un effort d’optimisme, mais un consentement croyant, paisible, à la Vie en nous.

Nous pouvons noter que les termes d’Ignace nous mettent dans le climat de la dernière contemplation des Exercices qui ouvre à la gratitude : « me remettre en mémoire les bienfaits reçus : création, rédemption et dons particuliers. Peser avec beaucoup d’amour combien Dieu N.S. a fait pour moi, combien Il m’a donné de ce qu’Il a…et combien Il désire se donner lui-même… »(E.S. 234).

Faire mémoire des bienfaits du Seigneur, c’est reconnaître notre relation intime avec Lui.
« De Sa Plénitude nous avons tous reçu, et grâce sur grâce »Jn 1, v.16.
C’est pourquoi nous rendons grâce !

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