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Parabole des parapentes pour éclairer le discernement des esprits.

« Il y avait une fois… en Suisse, dans les montagnes, dix jeunes dans une cabine de téléphérique. Avec d’énormes sacs à dos. La cabine s’arrête au milieu de la montagne. Le groupe sort. Les sacs sont très lourds. Ils les mettent sur leur dos. Ils vont rejoindre d’autres personnes sur le flanc de la montagne. Il fait grand beau temps. Plein de soleil. Les 10 jeunes ouvrent leurs sacs. Ils en sortent de grandes toiles de toutes les couleurs et des fils, des tas de fils. Ils déplient minutieusement la toile et les fils : c’est comme des parachutes, mais pour planer dans l’air : des parapentes. Et ils s’élancent dans les airs.

Cinq parmi eux étaient expérimentés. Et cinq étaient novices. Les cinq expérimentés montent, montent, happés par un courant d’air chaud qu’ils ont détecté et qui les portent sans qu’ils doivent faire beaucoup d’efforts. Ils s’amusent beaucoup et forment comme un carrousel dans le ciel. Et ils restent en l’air une heure, deux heures, trois heures sans grand effort : ils jouent avec le courant d’air chaud qui les porte et les soutient dans les airs.

Les cinq autres, novices, descendent, descendent vers le village d’où ils viennent. Ils font beaucoup d’efforts pour tâcher de monter, s’agitent, mais en vain. Ils n’ont pas détecté le courant d’air chaud. Quand ils arrivent en bas ils sont très fatigués d’avoir tiré de toutes leurs forces sur leurs cordes. Et ils sont déçus d’être déjà en bas après seulement 10 minutes de vol alors que les autres s’amusent tant dans le ciel. »

Que nous apprend cette petite histoire ?

Les cinq jeunes expérimentés, ont appris à détecter les courants d’air chaud. Ils se laissent porter par ce souffle. Trop à gauche, il n’est plus là. Trop à droite non plus. Quand ils sont au cœur du courant ascendant, l’air chaud les porte. Cette « portance », ce souffle ascendant est un don qui leur est fait. Ils se contentent de collaborer avec cette énergie qui leur vient d’ailleurs et qui les maintient en l’air sans qu’ils doivent faire d’autres efforts que de s’y maintenir !

Parfois, dans notre quotidien, nous sommes comme les cinq jeunes novices en parapente. On n’a pas détecté le courant porteur. Ou bien on l’a perdu de vue. On manque d’énergie pour s’investir dans des activités qui nous paraissent comme une montagne à déplacer (repas, bain, prière, anniversaire, fête, sortie, veillée, messe, pélé, retraite…). Au lieu de nous nourrir, ces activités nous épuisent. Rien que d‘y penser, on est déjà fatigué.

Heureusement nous avons tous expérimenté que certaines activités et certaines manières de les entreprendre sont porteuses : on sent qu’on reçoit de l’énergie pour s’y investir. Il ne faut pas tirer ou pousser de toutes nos forces, les choses se mettent en place, souplement, joyeusement, un peu d’elles-mêmes : cela nous est donné. Il y a là un don de Dieu. Tout l’art est de détecter très précisément où Dieu nous donne son Souffle, pour quelle activité et pour quelle manière de l’entreprendre. Il y a alors une œuvre d’alliance entre Dieu et nous, entre sa Force, son Souffle, qui nous sont donnés, et nos propres efforts pour y correspondre.

C’est la fameuse réciprocité des relations : il y a une manière gracieuse de donner à l’autre le meilleur de moi-même telle que je stimule de sa part le don gracieux du meilleur de lui-même. Et dans cet échange, où tous les deux sommes gagnants, nous expérimentons la grâce qui nous est donnée. Un Souffle, une saveur nous vient d’ailleurs que de nous-mêmes : de Dieu.
Michel

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