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Voir, sentir, goûter

Rappel : dans ce qui est au cœur de l’expérience de St Ignace, sept repères semblent particulièrement adaptés à notre époque et aux attentes de nos contemporains :

1. L’importance du désir ; 2. La conversation spirituelle ; 3. Trouver Dieu en toutes choses ; 4. Voir, sentir, goûter ; 5. Un certain regard sur le monde ; 6. L’aide à la décision ; 7. Unification et libération de tout l’être.

(4) : « Voir, sentir, goûter »

Nous vivons une époque où nos sens sont très sollicités, où nous sommes littéralement bombardés d’informations. La spiritualité ignatienne est bien adaptée pour aider à convertir les émotions, faire le tri dans les images et les propositions, éduquer le goût spirituel.

Nous sommes souvent pris dans un monde « mondain », où se mêlent illusions, mensonge, vie selon les apparences, où les gens sont considérés d’après ce qu’ils représentent et où ils sont obligés sans cesse de vivre en représentation. Et en même temps, il faut parfois partir des images et du goût, ou du dégoût éprouvé, pour découvrir ce qui construit véritablement. Il y a une nécessité pour beaucoup d’être libérés de toute séduction des images et des modèles – avec tout ce qu’il y a de mortifère – pour s’ouvrir à la vraie réalisation de soi qui est proprement la vocation personnelle.

Ignace, on le sait, a été mis en route par des images. Des images intérieures. Celle de la grande dame qu’il voulait servir, celle des saints qu’il voulait imiter. Images de désirs contrastés que l’on retrouve dans les Exercices où il s’agit de discerner à travers pensées, motions, parfois agitations, la volonté de Dieu.

Ignace nous invite aussi à contempler des scènes évangéliques. Lorsqu’il dit d’imaginer la scène, le but est bien de trouver notre place dans cette histoire. Il ne s’agit pas d’un effort intellectuel. Il ne s’agit pas de faire fonctionner l’intelligence, de « trouver des idées », car – dit-il – « ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui rassasie et satisfait l’âme, mais de sentir et de goûter les choses intérieurement » (ES 2).

« Sentir » est l’un des mots les plus fréquents du vocabulaire ignatien, pas très simple à traduire. Il ne s’agit pas d’un pâle sentiment, d’un « coup de cœur » passager, mais d’une connaissance qui s’imprime dans l’âme : « Sentir une connaissance intérieure » écrit paradoxalement St Ignace (ES 63). Une connaissance qui n’est pas de l’ordre d’un savoir de Dieu qu’on peut acquérir dans un livre ou au cours d’une homélie. Elle est une expérience de Dieu. Et tous nos sens sont mobilisés pour cela, notre corps aussi qui a sa place dans la vie spirituelle, pour nous laisser toucher.

D’après un exposé du P. François Boëdec sj,
rédacteur en chef de la revue « Croire Aujourd’hui »
(prochain article : « Un certain regard sur le monde »)

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