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Trouver Dieu en toutes choses

Rappel : dans ce qui est au cœur de l’expérience de St Ignace, sept repères semblent particulièrement adaptés à notre époque et aux attentes de nos contemporains :

1. L’importance du désir ; 2. La conversation spirituelle ; 3. Trouver Dieu en toutes choses ; 4. Voir, sentir, goûter ; 5. Un certain regard sur le monde ; 6. L’aide à la décision ; 7. Unification et libération de tout l’être.

(3) : « Trouver Dieu en toutes choses »

L’un des enjeux de notre époque est de trouver le juste rapport au religieux.

« Trouver Dieu en toutes chose », nous sommes habitués à cette expression ; on en oublie peut-être combien elle était moderne à l’époque d’Ignace, et combien elle l’est encore aujourd’hui.

Face aux tendances sécularisatrices et laïcisantes d’une part, et de désarroi de l’autre, il est important de ne pas glisser dans le cloisonnement ou la fuite.

Le cloisonnement consiste à séparer tout ce qui constitue notre vie : d’un côté, il y aurait le travail, les responsabilités, les engagements, le sérieux des exigences, les négociations et compromis, les questions délicates, peut-être les ambiguïtés morales avec lesquelles on s’arrange ; et de l’autre, il y aurait Dieu, sa foi, ses convictions, sa pratique religieuse qu’on cantonnerait à un moment bien délimité de la semaine.
Pas de communication entre les deux comme si le domaine des convictions religieuses n’avait rien à dire, rien à voir, avec notre vie réelle. Comme si Dieu n’avait rien à dire à notre vie. Comme si Dieu ne se trouvait que dans le domaine du religieux à proprement parler.
Le second risque est de fuir dans le spirituel face à un monde qui fait peur et qui n’est pas bon. Fuite dans du spirituel, un peu éthéré, désincarné, où ce qui importe c’est ma relation intime, personnelle avec Dieu, surtout s’il me fait du bien, s’il m’apaise, si mon affectivité spirituelle est honorée. Je n’ai pas besoin des autres pour vivre, Dieu me suffit. Les autres ne m’intéressent plus, seul Dieu compte. Bien sûr, je caricature, car donner la priorité à Dieu, comme souhaiter éprouver l’amour de Dieu et sa présence réconfortante, sont souhaitable et légitime. A condition que dans les deux cas, cela ne soit pas une fuite de notre condition humaine.

N’oublions pas que l’existence chrétienne c’est l’existence humaine, toute l’existence humaine. Et c’est cette existence humaine qui doit, dans sa totalité, être orientée par des choix conformes à l’Esprit du Christ. C’est dans cette existence humaine, que Dieu parle, et qu’il nous faut le trouver.

Cette intuition spirituelle, St Ignace l’a découverte progressivement. Il l’a reçue aussi comme une grâce, le faisant découvrir une manière différente de prier à partir de tout ce qui faisait sa vie. Voici que disait, le P. Jérôme Nadal, qui fut durant de nombreuses années le confident de St Ignace : « Par un privilège insigne, le Père Ignace vécut cette manière de prier d’une façon très particulière. Et en outre, en toutes choses, actions, conversations, comme s’il sentait et contemplait la présence de Dieu et le goût des choses spirituelles, il était contemplatif dans l’action même. Ce qu’il avait coutume d’exprimer par ces mots : ‘Il faut trouver Dieu en toutes choses’ ».

Trouver Dieu en toutes choses. Dieu nous invite à cela.

On peut le comprendre particulièrement au jour de l’Ascension du Seigneur. A ce moment où Jésus est « soustrait à nos regards », St Ignace en quelque sorte nous invite à fermer le livre des Evangiles et à ouvrir le livre du monde, mais afin d’y relire le même message quand nous serons revenus à nos occupations ordinaires.

A la fin des Exercices, St Ignace propose « La Contemplation pour parvenir à l’amour ».

Une contemplation suppose qu’il y a quelque chose à regarder. Ce qui s’offre là à nos yeux, c’est le monde et son histoire, notre vie et ses sinuosités. Mais en faisant mémoire du passé dans la foi, nous pouvons y lire un chemin, et voir que ce fut un chemin où Dieu nous a conduit. A partir de là, notre regard peut s’étendre au monde et à son histoire : nous comprenons que tout a un sens parce que c’est dans le monde et dans son histoire que s’achève la descente de l’Amour. Et cela passe par les choses les plus simples de notre existence, celles qui s’offrent à nous, celles qui nous sont données de vivre.

Toute notre vie est donc l’occasion de rencontrer Dieu, de découvrir sa présence, son action, de le suivre et de le servir. Que l’on prépare la cuisine, que l’on écrive le prochain édito de Croire Aujourd’hui, ou que l’on participe à une réunion de commission municipale, que l’on fasse un soin à un malade ou que l’on reste admirer la campagne au soleil couchant… Il n’y a donc pas – où il ne devrait pas y avoir – de distinction entre la vie ordinaire et la vie spirituelle. C’est toute notre existence qui est appelée à être vécue avec l’esprit de Dieu.

D’après un exposé du P. François Boëdec sj,
rédacteur en chef de la revue « Croire Aujourd’hui »
(prochain article : « Voir, sentir, goûter »)

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