Est-ce bien le n° 9 ? Il m’avait semblé que « la » photo était numérotée « n° 7 », sinon je corrige. Suite des événements : Je vous ai laissés, d’abord avec le Quaker qui avait oublié d’avaler son porridge car il était pressé d’aller prier à Peyremale, et avec Margurite à 88 km/h. Et puis, le gars aux 14 chats. Etc…
Dimanche 11 juillet. - Départ du Caylar, par des GR remarquablement balisés par l’Hérault. Un très bref coup d’oeil (juste de quoi prendre de l’eau) au temple bouddhiste de l’Engayresque, où l’accueil est assez déroutant car d’emblée chiffré en ? Bon, on ira voir une autre fois en d’autres temples. Arrivée à la Borie Noble, la communauté de l’Arche de Lanza del Vasto. J’y passerai 2 nuits, la journée du lundi étant consacrée au travail au jardin et au nettoyage de carreaux.
Lundi 12. - Le soir, Elisabeth et Vincent me rejoignent.
Mardi 13. - Brève concertation : s’aventurer dans les montagnes de l’Hérault environnantes = trop risqué. Nous partons donc en voiture jusque Saint-Chinian, d’où nous nous mettons en route, par des lacets et dans la sécheresse, vers un patelin de 60 habitants : St-Jean de Minervois. Où aller ? La responsable de l’église se démène et contacte le Maire (c’est la veille du 14 juillet !), qui nous ouvre la salle communale. Entretemps, puisque nous avions cherché chacun de notre côté, en un rien de temps tout le village connaissait notre histoire et nos histoires respectives. "On voit si peu de monde ici, ça nous fait tant plaisir de vous accueillir !" Et quel accueil : un gâteau par-ci, une bouteille de Muscat (et pas n’importe lequel) par là, un petit déj plantureux, etc … Emouvant, vraiment, de constater par quels chemins se partage la Bonne Nouvelle, mine de rien.
Mercredi 14. - Quand on chemine avec deux jeunes dont la somme des âges n’atteint pas mon âge, il faut se préparer à voir la distance entre les marcheurs s’étaler fameusement au fil des kilomètres ! Mais la complicité est parfaite : chacun a son rythme, et on se retrouve au moment des pauses et à l’étape. « Accueil » le soir à Siran, où Mr le Maire nous relègue dans un truc censé être un local sportif. A la guerre comme à la guerre ; E & V installent leur tente sur le terrain de foot, et je m’étale à côté des douches. C’est mieux que rien, mais il faut dire que le Marin (prononcez : Maringh) a soufflé toute la journée, avec son poids d’humidité. Alors on est content de s’arrêter.
Jeudi 15. - On entre dans l’Aude. Le soir, encore un local sportif, mais « en mieux », où il faut patienter jusque 22 h car c’est le jour de l’entraînement de foot.
Vendredi 16. - Le temps est de nouveau très lourd, mais la récompense (!) arrive le soir à Ventenac-Cabardès. Une dame en voiture s’adresse à E & V : « Vous êtes bien courageux ! Que faites-vous ? » - "On cherche à loger cette nuit.« - »Venez chez nous : on a un petit dortoir, vous y serez bien." Et la suite se passe autour d’un bon dîner puis, après une bonne nuit et un petit déj idem, des adieux émus. NB : je me demande parfois si je ne vous lasse pas avec toutes ces histoires d’accueil quotidien ; mais il faut savoir que la grande question du nomade/pèlerin, c’est de savoir si et où on va pouvoir accueillir la grâce de la dépendance. Je repense souvent au coup des anges gardiens de Pierre Favre …
Samedi 17. - C’est en fin de matinée que nos chemins se séparent : E & V vers Carcassonne -→ St-Chinian ; moi-même vers Fangeaux, où j’avais prévu de passer une journée chez les Petites Soeurs Dominicaines de l’Agneau. Ma naïveté, loin de me perdre, m’a sauvé : une grand’route, épouvantable par sa montée (comme il se doit au pays des Catarhes) et la vitesse des voitures, me mène, éreinté, à Fangeaux. Là, je demande où sont les Petites Soeurs ; ah, c’est à Plavilla, à 16 km d’ici. Bon, je me renseigne : "Allez chez Mr Untel, il va là-bas tous les jours." Et … Mr Untel me conduit là-bas (d’où je vous envoie ce message). Coup de bol : si j’avais essayé d’y arriver le lendemain, donc aujourd’hui dimanche, impossible car la route est barrée pour le passage du Tour de France. Cette bienheureuse naïveté ! Les collines ici sont superbes et invitent à la prière, sur un mode analogue aux régions de l’Ombrie, le pays de François d’Assise. J’y retouve une Petite Soeur, dont la vocation a mûri à La Viale (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’avais fait passer mon « trait de crayon » par Fangeaux sur la carte Michelin). J’inaugure une superbe petit ermitage, fraîchement construit à l’intention des prêtres de passage. La communauté de Soeurs et de Frères est très nombreuse car lundi commence le Chapitre Général ; Europe, Amérique du Sud, le monde est bien représenté. Le soir, longue prière.
Dimanche 18. - Ce matin à 6 h 45, encore plus long Office dans la « cathédrale verte » : superbe endroit (il faut se taper 1,5 km à pied pour y arriver) en pleine nature, le soleil venant progressivement illuminer la prière monastique. Petit déj avec les Frères, abondance pour tous ces jeunes estomacs mais pour les plus âgés aussi. Après la lecture du Martyrologe oecuménique, le Prieur modère mon appétit en me cuisinant (!) à propos de ma démarche, une interview en règle, avec beaucoup d’humour, à l’intention de tout un peuple fort attentif. A 11 h, grand’messe en plein air, présidée par Mgr Chabbert, émérite mais qui est à l’origine de la reconnaissance diocésaine de la Fraternité. Là aussi, on ne lésine ni sur les chants (Gouzes évidemment), ni sur la durée, ni sur l’encens etc … Le soleil est de plomb ici dans l’Aude ; pas d’orage en perspective (j’ai appris qu’à Ciney …). Demain matin, je reprends la route et la route me reprend. Le virus fait son oeuvre ; pourrai-je m’en défaire ? Secrètement, quelque chose me fait souhaiter que non : les visages rencontrés sont si riches de trésors qui ne demandent qu’à se laisser découvrir … Je pense aux gars et aux filles qui sont au camp, et que je ne rejoindrai pas, pour la première fois en 20 ans, pour les Promesses. Ils/elles vont aussi se loger dans ma « prière des pieds ». Donc, demain : là, peut-être un détour par Mirepoix et puis ce sera la ligne droite en direction de Lourdes, mais avec un arrête programmé chez Tim & Martine Guénard, qui habitent non loin de là.
A suivre …
Merci pour vos messages, par @ et par sms, auxquels je ne réponds pas toujours personnellement. Amitiés à tous et à toutes !
Marc



