Centre Spirituel Ignatien La Pairelle
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Père Marc de Loyola

Bien chers tous,

Voilà, c’est à l’ombre du clocher de cette gigantesque demeure que fut la maison natale d’Ignace que je puis vous raconter un peu de la suite du périple.

En quittant Pau et sa sympathique communauté (et son Ministre tout aussi attentionné que certain autre que nous connaissons bien), dimanche dernier (= 1 août), c’est en bus que j’ai atteint Oloron Ste Marie pour reprendre la route, qui m’a fait entrer dans le pays basque, comme en témoignent les panneaux bilingues - tiens tiens ! Même ici, certaines indications en francais sont effacées, mais c’est plutôt rare.

Rien à signaler jusqu’au :

Mardi 3 août. - Journée des cols (il y en aura d’autres ensuite) : Osquich, Namia, … Une bonne recette pour les grimpées consiste à trouver une cadence à petits pas rapides, qui permet, par la même occasion, de contempler la prière qui se déroule « pas à pas » au rythme de la marche, à la suite de Celui que Bobin appelle "L’homme qui marche". C’est alors que (image, sans doute, de la vie spirituelle), on s’aperçoit qu’aucun accident de parcours ou de relief n’est infranchissable ; règle d’or : continuer, continuer … Fatigué quand même, le soir (avec de la grisaille en prime), j’arrive à un patelin au joli nom de Bussunaritz-Sarrasquette. Cinq portes qui se ferment, pour des raisons d’ailleurs valables. Fourt ! J’avise une ferme, personne ne répond : bravant le chien, je m’assieds devant la porte - ce qui ne m’arrive jamais - et j’attends. N’est-ce pas analogue à une histoire de « toison de Gédéon » dans la Bible ? Enfin, « ils » arrivent : Patricia et Beñate. "Vous avez bien un coin pour moi dans une grange ?« - »Non, mais il y a une chambre pour vous là-haut." Etc… Leur nom de famille ? Van den Zande - par la grâce d’un arrière-grand-père. Que le monde est petit, et que nombreux sont ses habitants au coeur grand comme l’univers ! C’est avec affection que je leur envoie ce message en Cci. Ils m’ont accueilli comme un enfant de la famille.

Mercredi 4 août. - Direction St-Jean Pied de Port, carrefour obligé pour tous les pèlerins de St-Jacques. Passage rapide à l’Accueil des pèlerins, de fait ça circule beaucoup là-dedans. Belle ville, donc très touristique ; vite, en route vers St-Etienne de Baïgorry. Intuition : pourquoi pas aller chez le curé ? (Après tout, c’est la fête du curé d’Ars, non ?) Oui, à 20 h il arrive, avec une prêtre Bengali de ses amis, qui nous a préparé un bon dîner de son pays. On cause beaucoup de courants traditionnalistes qui inquiètent un peu partout le peuple sacerdotal, ici aussi.

Jeudi 5 août. - Cette fois, Arriba España ! Et c’est la montée du Col d’Ispeguy, surtout impressionnant côté francais : je crois voir des images de Tintin en Amérique et au Temple du soleil ! NB : les pèlerins de St-Jacques vont par le Col de Roncevaux, beaucoup plus haut et plus long, car c’est leur trajectoire traditionnelle, sans doute pour que le cachet puisse être apposé sur le crédential. Le soir, accueil très « administratif » par le curé d’Elizondo dans la luxueuse salle de la paroisse.

Vendredi 6 août. - Fête de la Transfiguration. Tant de visages me rejoignent, en désir de se laisser transfigurer : "Il y avait une fois quelqu’un / Il fut changé en lui-même / Et ne se reconnut pas". À Saldias, une señora au parler aussi rude que son accueil est sans détours (elle a vite compris le sens de mon pèlerinage) m’installe dans une maison en construction et m’apporte une assiette de "saladas y pescas", accompagnée d’une demi-bouteille de Rioja - évidemment ! Ce soir, il y a exactememt deux mois que, après les premières communions, Bernadette et Marie-Francoise me conduisaient à Virton pour la mise en route…

Samedi 7 août. - Déjà hier, j’avais un peu forcé la marche ; aujourd’hui ce sera pareil : j’estime qu’en deux étapes je puis arriver à Loyola. Donc, marche « appuyée » jusqu’à Tolosa : ville aux banlieues très industrielles donc tristes pour un pèlerin… Le curé de la ville, un peu pressé par l’heure de la messe du soir, m’ouvre la salle paroissiale. Tout est ok, son accueil est sympa, il regrette de ne pouvoir faire plus.

Dimanche 8 août. - Cette fois, il faut « y » arriver : Encore deux cols (Puertos Bidania y Ikurri). Les Espagnols roulent comme des fous. Au passage, certains chauffeurs me lancent des interjections dont je ne parviens pas à saisir le sens : encouragement ou … ?

Azpeitia : en 1956, j’avais connu un petit village de rien du tout, d’où les collégiens que nous étions étaient partis en disant le chapelet vers Loyola, au long d’un chemin tout droit et désert. Aujourd’hui, c’est plein d’usines et d’immeubles en construction.

Loyola : un temps de prière dand l’église (pur style jésuite bien sûr), puis direction chambre 412 ! Il y a tant de passage ici que l’accueil est plutôt rapido presto, mais quand même sympa. Tout est immense ici : les corridors, les murs, … Signe d’une gloire plutôt « triomphaliste » peut-être mais aussi d’un passé dont l’histoire est belle.

Et demain ? D’abord un peu de repos, puis quelques bonnes lessives et ensuite je verrai. Peut-être aller à Manrèse en bus/train, puis remonter vers Perpignan (saluer un prêtre à Cabestany) et ensuite remonter vers la Belgique ? J’en déciderai ces jours-ci. Je compte demeurer auprès de st Ignace jusque jeudi matin.

NDLR : Avec un clavier qwerty et des cédilles inexistantes, ça prend deux fois plus de temps pour communiquer (car le ñ est à la place du m  !)

A la prochaine ! Et, plus que jamais, en union dans la prière,

Marc



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