… Certains d’entre vous se sont félicité de constater que j’avais « réussi » …, que j’étais « arrivé » au but proposé, etc … En fait, arriver à Loyola ou à Manrèse n’est, finalement, qu’une étape sur un chemin qui comporte aussi ce que l’on pourrait nommer un "chemin de retour". Mais, là aussi, est-ce vraiment un retour ? Ou le point de départ d’une aventure qui est destinée à se prolonger dans un autre contexte ( en clair : de La Pairelle -→ Liège) ? Merci à Brigitte W. d’avoir relevé cette dimension importante. Comme Sébastien de Fooz le disait avec force aux scouts et aux guides le 24 avril, lorsqu’il est venu témoigner auprès d’eux : "Mes 184 jours de pèlerinage de Belgique à Jérusalem m’on appris que le pélé le plus important mesure 30 cm : celui qui va de la tête au coeur."
Ceci dit, je vous ai laisé aux Assions, d’où j’ai été amené à faire un curieux détour par le Mas de Thérèse Couderc à Sablières, pour continuer ensuite (vendredi 27) vers Lalevade d’Ardèche, où des gens charmants m’ont accueilli dans une « Maison des Associations » dépendant à la fois de la mairie et de la paroisse.
Samedi 28 : Direction Vals-les-Bains (si je ne me trompe, c’était dans le temps le lieu de la Philo de la Province sj de France) ; de là , je me dis : est-ce que j’atteindrai aujourd’hui le Col de Mézilhac (1120 m) ? La réponse est venue lorsque, vers 14 h, en demandant à une famille, à La Violle, si je peux avoir de l’eau, j’entends répondre : 1° « Oui, bien sûr » ; 2° « Mais venez aussi boire quelque chose » ; 3° (une fois installé) " Je pense même, dit la maman, Angeline, qu’il serait temps de vous arrêter et de loger ici.« Réponse : »Je vais discerner." Vous devinez que le discernement fut vite opéré. Donc … Et tout cela malgré les assauts d’une pie (je sais maintenant ce que signifie le mot « chipie »), apprivoisée depuis son enfance par la famille. Ne pas laisser traîner son bic, ses lunettes, etc … Une peste. Bref, au cours du souper, 7 à table, Angeline décide qu’elle va m’accompagner demain. NB : Entretemps, le fils, Dan, m’a laissé son lit et ira dormir sur un divan.
Dimanche 29 : En route vers le Col, non par la route mais par une voie romaine dont les pierres patinées du sentier révèlent l’ancienneté - et quelle beauté - de ce raidillon. Superbes paysages à chaque détour. Puis, la route des crêtes jusqu’au Cheylard (je n’insiste pas sur la majesté des paysages de la Haute Ardèche, c’est impressionnant), où un Frère Mariste m’ouvre la porte de la petite résidence des Frères, attenante au Collège St-Louis.
Lundi 30 : Le F. Bernard me conduit au pied d’une petite route qui va « me faire gagner du temps ». La route en question fait 18 % : ça réchauffe comme il faut et ce n’est pas du luxe car, arrivé au sommet (St Jean Roure), il s’agit d’affronter la bise (= le mistral) qui m’oblige, pour la première fois depuis 3 mois, à enfiler le polar. Pas de quoi se plaindre, quand j’apprends le temps infect que vous subissez en Belgique depuis début août. A St-Agrève, des indications routières à moitié convenables m’envoient dans une direction que je n’aurais pas dû prendre. Heureuse faute : arrivé à St-Jeure d’Andaure, après quelques recherches, grâce à l’obligeance un peu bourrue de l’adjoint au maire, j’ai droit à une bonne nuit dans un vrai gîte tout confort.
Mardi 31, aujourd’hui : Descente à 15 % vers la vallée du Doubs (pas celui du Jura !) puis, inévitablement, grimpette de 20 km vers Lalouvesc, où la bise est encore au rendez-vous, mais l’accueil de la mini-communauté sj aussi ! Content d’arriver. Je compte y rester une journée, et puis ce sera « direction Loire », avec un petit rendez-vous familial fraternel !
Bon courage à tous et toutes, à la veille du mois de toutes les reprises, et … à la prochaine !
Marc



