Centre Spirituel Ignatien La Pairelle
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Père Marc de Cabestany

Bien chers tous,

Ce coup-ci, les nouvelles sont plutôt contrastées. Récapitulons :

Dimanche 15 août. - Ph & famille m’avait suggéré de nous donner rendez-vous à la cathédrale de Barcelone pour la messe de l’Assomption. Bonne idée, aussitôt mise à exécution. Maxi-concélébration, présidée par l’évêque, avec encens à volonté, Gloria & Credo chantés en latin et tout et tout. Après coup, j’ai expliqué aux jeunes que notre génération était certainement plus familiarisée avec ce genre de démonstration festive que les générations internet. Puis, une chouette journée familiale et, le soir, je vais loger dans une communauté (Rue Margenat) jésuite hyper-sympa.

Lundi 16 août.- Train jusque Figueyres (pays de Salvador Dali), puis en route vers la frontière franco-espagnole/catalane. Au dedans de moi, il y avait la nostalgie de retrouver l’environnement culturel (la langue !) qui m’est plus familière, je le reconnais sans peine. Je me dis : je vais essayer d’arriver jusque La Junquera et puis on verra. Ouais ! J’ignorais que cette ville est le point de ralliement de tous les camionneurs français, l’essence étant moins chère outre-Pyrénées : camions, poids lourds, j’te dis pas. Idem pour les commerces : grandes surfaces en veux-tu en voilà. Ville réputée aussi pour la prostitution. Bref, me voilà dans un environnement franchement inhumain auquel je ne m’attendais pas du tout. Pensant que le curé de l’endroit allait me trouver un petit coin pour y dérouler ma paillasse, je vais frapper à sa porte. Pas de chance : le pauvre est vieux, malade et handicapé, tout à fait perdu face à ma demande, inhabituelle pour lui : non, c’est non. (Je ne lui en veux pas.) Il me semblait être aussi oppressé que quand on prend au pied de la lettre ce qu’Ignace nous propose en Première Semaine avec sa contrée peuplée de bêtes sauvages etc … ou dans sa méditation sur l’enfer ! Que faire, sinon continuer ? Il était déjà 20 h. Je continue, me disant qu’au Col du Perthus ce sera un peu moins truc comme ça. Ah non  : Parfumeries françaises d’un côté, super-marchés espagnols de l’autre, non c’est pas vrai ! Je blague un peu avec un policier espagnol pendant que ses collègues fouillent une bagnole de fond en comble, et puis : où passer la nuit après avoir avalé tant de km ? Je monte vers l’église ; tiens, il y a là un petit parc municipal, des bancs. Bon, vous avez compris : grande première dans l’histoire de mon pélé ! Si j’ai bien dormi ? Hmmm…

Mardi 17 août. - Il faut que j’arrive à Cabestany (sud de Perpignan) pour enfin saluer mon ami Pierre T … que je ne connais que par des échanges internet depuis dix ans ! Donc : En route dès 6h du matin, descente du Perthus français. Voitures, voitures … Prenons de petites routes, ça ira mieux. Ben voyons : pour atteindre la petite route en question, un écriteau qui piège les piétons après 2 km : « Route interdite aux piétons & aux vélos ». Solution : faire du stop, malgré mon principe. Des coups de klaxon, des bras d’honneur, etc … Bon, j’ai compris : je retourne à la D900, jusqu’au Boulou. Re-ras le bol. "Monsieur, il y a un bus pour Perpignan ?« - »Oui, justement, il est là." Puis, à Perpignan, coup de fil à Pierre. « Bouge pas, je viens te chercher. » Et me voici chez lui, avec qui d’emblée, y compris au resto chinois, nous partageons nos vues pastorales qui - je le savais déjà - coïncident depuis longtemps. Journées contrastées donc, un peu comme s’il s’agissait de consolation / désolation. Vous me suivez ?

Maintenant je vous laisse car nous allons dîner avec André, l’évêque de Perpignan.

Amitiés à tous et à bientôt ! Fraternellement,

Marc



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