Bien chers tous,
Au coeur du Beaujolais (pourtant je n’ai bu que de l’eau ce soir !), cà d à Beaujeu, il est bon de signaler que je passe, aujourd’hui même, le cap du troisième mois de pèlerinage. Que de découvertes … Combien d’invitations aussi au dépassement quotidien : refaire son sac chaque matin, veiller à ne rien oublier, se demander si la carcasse sera à la mesure de ce que les éléments naturels vont exiger d’elle, se poser honnêtement la question : « Qui dois-je rencontrer ce soir ? » Etc …
Je vous ai laissés à Lalouvesc. Depuis, ce sont des retrouvailles avec des gens rencontrés précédemment - important ; ce n’est pas pour être sûr de trouver un logis chez eux, mais parce que, expérience faite, certains contacts sont invités à s’approfondir. C’est ainsi que j’ai retrouvé avec joie les FF. Maristes au Rozey (lieu de naissance de Marcellin Champagnat), les PP. Maristes à La Neylière, Josette et Raymond au Moulin de La Giraudière. En cours de route, mon frère Charles et ma belle-soeur Myriam me rejoignent à St-Laurent de Chamousset : un bon moment ensemble. Dimanche après-midi, le sympathique et efficace Maire de Les Olmes me loge dans sa mairie, non sans prévenir les gendarmes qu’il y a un type barbu qu’il ne faut pas confondre avec les Roms qui viennent pour les vendanges (vous savez que le débat fait rage en France). Lundi soir, j’étais à St-Cyr de Chatoux, chez un couple merveilleux, toujours émerveillé de tout et bien les pieds sur terre. Ce matin, changement de décor : la flotte est au rendez-vous, et elle va m’accompagner toute la journée. Cape et jambières sont les bienvenues, mais ne m’empêcheront pas, en arrivant en fin d’après-midi chez Rémy, curé de Beaujeu, d’être bon pour l’essoreuse. Le sac et son contenu ont été épargnés, quelle chance ! Taizé et Ameugny ne sont plus très loin : sans doute jeudi après-midi.
Pas routinier, ce retour, rassurez-vous, mais un approfondissement de choses qui me rapprochent singulièrement du Récit du pèlerin et de la « marche » des Exercices ! Tout cela est si mystérieux, je n’ai pas prise dessus mais, au contraire, j’essaie de me laisser saisir par la marche du Tout-Autre, qui chemine en son Eglise jusqu’au bout … Comme je l’ai dit ce midi à François et Jeannette qui, en réponse à mon désir de m’abriter un instant dans leur grange, m’ont forcé à dîner avec eux : « Je vous inclus dans la prière de mes pieds » … je le dis à vous aussi, chacun et chacune d’entre vous étant unique au monde - et unique à ma prière.
Très fraternellement,
Marc



