Centre Spirituel Ignatien La Pairelle
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Père Marc de Bagnères-de-Bigorre

Bien chers tous,

Me voilà enfin. C’est à Plavilla que, le 18 juillet, je vous ai quittés. Aujourd’hui, me voici à un « Accueil pèlerins » à Bagnères de Bigorre, au pied des Pyrénées. Demain, je serai sans doute chez Tim Guénard et, après-demain, à Lourdes avec ton mon chargement de prières(s).
D’abord un mot à l’intention de ceux/celles qui me demandent où en est de ma santé : si je n’en dis rien, … c’est qu’il n’y a rien à en dire ! Si un jour j’attrape la peste ou le choléra, je vous le dirai, promis.
La route … Tout ce qu’on rencontre au long du chemin, là il n’y a que l’embarras du choix. Quel regard y porter ? Je puis dire que Mr  Marlboro ne cesse de me convaincre que « Fumer tue », à en juger par les milliers de paquets qui jonchent les bas-côtés, tandis que les canettes ont manifestement opéré depuis longtemps la mise hors bière. Vous vous doutez que je préfère respirer l’odeur des marjolaines, reines-des-prés et autres ligustrums, tout en me disant que certains fous de la moto feraient bien de s’arrêter un peu au lieu de foncer comme des bolides.

Lundi 19. - L’Angélou, c’est un « gîte » dont la responsable, Catherine, est une fana des pèlerinages (sans en avoir fait un seul), toute stupéfaite d’accueillir un « vrai » pèlerin ; elle me signale que je me trouve sur la « Voie du Piémont » (= un des chemins de St-Jacques), que je m’empresse de suivre dès le lendemain. Dans l’Ariège, le balisage est impeccable. A partir de la Haute-Garonne, cela laisse à désirer, je l’ai appris à mes dépens. A ce sujet, il faut savoir que je me suis trompé de route ou de sentier plus souvent que certaines personnes m’on fait faire quelques km en voiture ! Ceci dit pour que vous sachiez que les erreurs et les rebrousse-chemins sont largement plus nombreux que les km roulants ! Ceci dit, évidement, pour me déculpabiliser, vous l’aurez compris.

Mardi 20. - Les vallons de l’Ariège … De quoi vous donner envie de « demeurer » là toute votre vie. Le soir, accueil à l’évêché de Pamiers. Oui, il y a là un accueil pour les pèlerins, grâce à M-Th. Le soir, Catherine nous rejoint : long entretien jusqu’à la tombée de la nuit. M-Th me dit : « Enfin, j’ai pu parler à un religieux ! » J’admire le don de soi de ces personnes-là au service des pèlerins.

Mercredi 21. - Journée de prière pour notre pauvre Belgique. Des gens m’ont appris les horreurs qui se sont passées à propos des affaires de pédophilie, ça défie l’imagination. Sachons bien que c’est une façon de trouver le bouc émissaire qui a pour but de faire oublier les lois sur l’euthanasie et sur l’avortement, sans oublier les graves problèmes sociaux. Le soir, j’arrive au Mas d’Azil, chez le pasteur Bernard Bordes, avec qui j’ai un long et passionnant échange sur la situation de nos Eglises.

Jeudi 22. - Si vous ne connaissez pas la « Grotte du Mas d’Azil », alors … Impressionnante grotte naturelle, surtout quand on passe dessous à pied ! A part ça, journée de flotte. Déluge parfois. La cape me protège à merveille, y compris le sac, mais … la pluie remonte par le bas du pantalon ! Tout s’arrangera demain. Pour comble, je me perds dans les bois. Epuisant. Finalement, le soir, après de multiples portes fermées (mais bienveillantes), j’aboutis dans un château. Michel (le châtelain) : "Quelle joie de vous accueillir, j’ai un appartement pour vous. Ce soir, au menu : tartiflette." 4 enfants, famille archi-sympa, etc … C’est fou ce que les gens attendent un certain type de message et de regard sur les événements du monde, sur l’Eglise, sur la famille … Dans des échanges comme ceux-là, qu’il s’agisse d’agriculteurs, d’aristocrates ou d’autres, la fatigue n’existe plus : une telle soif de Bonne Nouvelle fait tout oublier.

Vendredi 23. - Solution pour la flotte : Michel me donne une paire de guêtres ! Super. Le poids du sac s’en ressent légèrement. A ce sujet, j’ai eu beau faire, je pense avoir sur le dos entre 12 & 14 kg. Le sac lui-même pèse déjà, et le confortable matelas-qui-se-gonfle-tout-seul aussi - mais on dort si bien dessus ! Et puis, l’achat de quelques oranges/bananes/etc fait peser un peu plus. Mais … n’y a-t-il pas certaines occasions où il est bon de ressentir physiquement ce que les spirituels appellent « le poids du monde » ? Le soir, après un certain nombre de km de déroute dans les bois de Buzan (ça devient banal, à la fin, toutes ces erreurs !), j’arrive chez Tatiana, une ermite de choc, ancienne de La Viale et d’autres lieux.

Samedi 24. - Tatiana me mène sur le chemin (où je m’empresse de m’égarer), on a un bon partage de vie, juste ce qu’il faut pour en rester sur notre faim. Sentiers scabreux, puis je décide de suivre les routes, c’est quand même )plus sûr. De St-Lary au Col de Portet d’Aspet, que je grimpe sans m’arrêter, ça passe de 675 m à 1069 m. Sur l’asphalte, je lis en grandes lettres « Hello Marc » : ça fait plaisir de se savoir attendu … jusqu’à la lecture de « Hello Contador » et autres. Oui, le Tour est passé par là lundi. Accueil à Henne Morte (nom d’un gouffre), par un couple âgé, aussi bienveillant que les 10 chiens de chasse qui réveillent les silences de la nuit.

Dimanche 25. - Question idiote : est-ce qu’on s’habitue aux surprises  ? Après une route en montagnes russes sous un soleil pétant, un village : Payssous. « Allez chez le Maire ». Je sonne : "Venez prendre le dessert avec nous !" C’est une réunion de famille, super sympa, tout cela au moment de l’arrivée du Tour à Paris. Jacques (le Maire) voulait me conduire à St-Bertrand de Comminges (étape des st-Jacques)  : "Non, ce 25 juillet, c’est la super grande fiesta de st-J de Compostelle et tout est plein ici." Ok, le Maire trouve un presbytère inoccupé dans le village voisin. Bonne nuit !

Lundi 26. - St-Bertrand de Comminges, un accueil pèlerins et un village moyenâgeux haut perché, style Mont St-Michel en plus petit.

Mardi 27. - Chez un couple d’agriculteurs retraités à Tilhouse.

Mercredi 28. - C’est aujourd’hui : Bagnères-de-Bigorre, accueil Pèlerins. Demain, direction Tim Guénard à Les Angles. Après-demain, Lourdes. Ca suffit pour aujourd’hui. A la prochaine ! NB : j’ai failli perdre tout ce document, finalement j’ai pu le récupérer !

Marc



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