- Au plus fort de l’hiver, tout est gelé, glacé
- Mais déjà la nature est en éveil, dans ses profondeurs.
- Et un beau matin, la nature s’entrouvre,
- Et affleure une fragile petite pusse. La vie !
- Sur sa tombe, on avait placé une lourde pierre,
- Pour emprisonner le corps, jusqu’à son élimination.
- Mais voilà que cette énorme pierre est renversée,
- Soulevée par une force nouvelle, irrésistible.
- C’était un matin de printemps, le plus beau
- De tous les matins, c’était Pâques.
- Ce matin-là, un chemin étroit s’est ouvert
- Pour une poignée de femmes et d’hommes.
- Avec celles et ceux qui les ont suivis, ils ont cru
- Que tôt ou tard seront renversées, basculées
- Les lourdes pierres qui enferment la vie ;
- Que tôt pou tard adviendra un monde de paix,
- De solidarité, de liberté, de tendresse ;
- Qu’on a donc raison de se battre dans ce sens
- Parce que la vie finit toujours par triompher.
- Cela a commencé un matin de printemps,
- Le plus beau de tous les matins.
Henri Weber
Matin de Pâques
- Mes enfants sont dans les arbres,
- j’ai ouvert la cage.
- La maison respire dans la lumière
- et le soleil entre par la porte qui ouvre les bras.
- La poussière chante dans les rayons obliques de ce matin léger.
- Le Seigneur s’est introduit dans ma maison
- et Il s’est assis : comme il fait bon chez toi !
- Je travaillais, je ne l’avais pas vu entrer.
- Alors j’ai posé mon ouvrage
- et je me suis assise près de Lui.
- Et j’ai regardé avec Lui l’éclat de ce jour.
- Matin de Pâques.
De Colette Nys-Mazure : « Célébration du quotidien »


