Centre Spirituel Ignatien La Pairelle
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Le rôle de l’imagination dans la prière contemplative ignatienne

Pour comprendre…
Le rôle de l’imagination dans la prière contemplative ignatienne.

Selon le Petit Robert "l’imagination est 1. la faculté que possède l’esprit de se représenter des images ; connaissances, expérience sensible 2. la faculté d’évoquer les images d’objets qu’on a déjà perçus 3. la faculté de former des images d’objets qu’on n’a pas perçus ou de faire des combinaisons de nouvelles images. »

Grâce à la mémoire, nous pouvons garder le souvenir de ce que nous avons vu, entendu, perçu, ressenti et nous constituer ainsi une formidable banque de données. L’imagination va pouvoir puiser dans ce trésor. Notre imagination n’est pas souvent au repos et nous nous en rendons compte lorsque nous voulons prendre un temps de silence pour rencontrer le Seigneur dans la prière : c’est souvent alors que remonte dans le désordre les souvenirs des événements de la veille ou les mille et un projets et soucis pour les jours qui suivent. C’est pourquoi Ste Thérèse d’Avila appelait l’imagination la « folle du logis », constatant que ce n’est vraiment pas évident de la faire taire un peu longtemps lorsqu’on le désire. De nombreuses techniques de méditation visent à la faire taire, notamment les techniques orientales.

  • L’approche de St Ignace avec l’imagination est assez différente : au lieu d’essayer en vain de la faire taire, il nous propose de l’embaucher au service de la rencontre avec le Seigneur. Il nous propose de convertir la perturbatrice en alliée précieuse.

Dans les Exercices il invite en effet le retraitant à « exercer les 5 sens de l’imagination » (c.à.d. la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher, le goût)(121) à « contempler en détail » (122), à « Ã©couter ce qu’ils disent ou peuvent se dire » (123), « Ã  goûter l’infinie douceur et suavité de la divinité » (124), « Ã  embrasser et baiser les lieux ou les personnes » (125) et tout cela en vue de tirer profit de la contemplation évangélique. Il nous invite ainsi bien clairement à faire appel à la mémoire de perceptions et d’expériences antérieures pour que la scène contemplée devienne de plus en plus vivante et concrète à notre esprit.

P. ex. Lorsqu’il nous invite à contempler la grotte de la Nativité (112) il n’a pas le souci de nous donner des détails justes sur les lieux en s’appuyant sur des études historiques ou exégétiques, mais il nous propose de nous la représenter assez librement « grande ou petite, basse ou élevée ». Il est clair que pour lui, l’important n’est pas que notre représentation soit conforme à la réalité d’il y a 2000 ans mais bien plutôt que nous ayons une image concrète et vivante du décor pour pouvoir plus réellement vivre la scène. Il nous invite d’ailleurs (114) à y entrer bien concrètement « Et moi, me faire un petit pauvre, et un petit esclave indigne, qui les regarde, les contemple et les sert dans leur besoins, comme si je me trouvais présent… »

Notre imagination se trouve donc ainsi embauchée pour créer le décor qui va permettre une rencontre authentique avec le Dieu vivant qui me rejoint ici et maintenant. « L’invitation d’Ignace de voir…ne veut pas exciter la curiosité chercheuse de l’imagination (sinon elle tourne en rond, autour d’elle-même) ou exhorter à une recherche du détail descriptif comme pour la peinture d’un tableau figuratif, mais principalement pour assurer le sentiment de présence de l’Evangile comme événement maintenant. »(P-H Kolvenbach in CIS, vol XVIII 1987:1 54)

" Le travail sur l’imagination ouvre la personne à sa capacité d’être affectée, car l’imagination est de structure affective. Elle nous invite à nous positionner : et moi où suis-je dans cette scène ? qu’est-ce que je ressens ? est-ce que j’entends ? que me dit ce que je vois, ce que je ressens ? Les images n’ont donc pas de but en soi, ce ne sont pas de belles constructions de qqn qui rêvasse. Une fois que l’image m’a mise en contact avec Dieu, elle se retire, elle n’est plus importante, car maintenant je développe et goûte SA PRESENCE

L’imagination va ainsi me permettre de me rendre présent avec toutes les dimensions de mon être à une situation évangélique grâce à laquelle Jésus ressuscité me rejoint dans le concret de ma vie personnelle d’aujourd’hui. La relation affective qui s’établit progressivement avec lui pourra transformer ma vie.

Attention : certaines personnes sont plus « visuelles », d’autres plus « auditives », ou encore davantage « touchés par une atmosphère »,etc. Se poser la question : quelle est MA porte d’entrée en prière, mais aussi comment développer d’autres sens qui me sont moins familiers ?

Le rôle de l’imagination est donc de nous permettre d’être affectés par la scène contemplée afin d’y rencontrer Dieu.

JMB 08/2008



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Le rôle de l’imagination dans la prière contemplative ignatienne

6 novembre 2008
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